Témoignages

Assistant de vie aux familles ADVF Daisy - GettyImages
Stéphane RUOTTE, 49 ans, raconte son parcours professionnel peu ordinaire. Cet homme est « Assistant de vie aux familles », un métier souvent considéré comme féminin. D'ailleurs, son précédent métier ne laissait rien présager de sa reconversion professionnelle dans l'aide à la personne.

Stéphane a travaillé 15 ans dans le secteur du bricolage et de l'encadrement. D'abord vendeur, puis chef de magasin, il décide de tout arrêter pour monter son entreprise d'encadrement. Voilà maintenant 6 ans qu'il travaille dans une structure d'aide à la personne. Il nous explique comment s'est passée sa reconversion.

«Nous ne sommes pas beaucoup d’hommes à pouvoir dire ce que l’on ressent quand on pratique un métier dit de femme»

Ces expériences m’ont amené à avoir des responsabilités, à être autonome et à être en contact avec diverses personnes de tout âge. 

S’en est suivi une période de chômage et j’ai travaillé pendant deux saisons dans un restaurant comme barman, serveur, et plongeur. Là aussi beaucoup de contact au service du client.

J’ai appris les normes d’hygiènes, le service, le ménage, à faire « correctement » la vaisselle.

De nouveau au chômage et à la recherche d’un travail, j’ai fait du bénévolat, fier de pouvoir aider des personnes en difficulté.

Aimant le contact et me rendre utile, j’ai alors choisi de faire une reconversion dans l’aide à domicile et pour confirmer ce choix, j’ai effectué une immersion de 15 jours dans un service d’aide à domicile. Cette première expérience m’a tout de suite convaincu et m’a permis de me rendre compte que pour faire correctement ce métier, j’avais besoin de me former.

J’ai d’abord suivi le module d’intégration dans les services à la personne (le MISAP) durant deux semaines, puis une pré-qualification de 2 mois dans les services à la personne, où j’ai pu approfondir la connaissance du secteur dans lequel je voulais m’engager.

Ensuite j’ai suivi la formation d’Assistant de vie aux familles (ADVF), au cours de laquelle j’ai pu acquérir les compétences nécessaires au métier d’aide à domicile.

Je me suis retrouvé le seul homme au milieu de 14 femmes de tout âge. Cela n’a pas été facile au début pour moi et je me suis demandé si j’avais fait le bon choix.

Mes collègues  m’ont posées des questions. Pourquoi je voulais faire ce métier, comment je comptais « m’en sortir » ? Nous avons appris à nous connaitre, à discuter ensemble. Je leur ai expliqué qu’un homme peut tout aussi bien faire ce métier qu’une femme, qu’il peut amener d’autres choses et travailler peut-être différemment.

Grâce à mes connaissances et à celles des autres stagiaires, aux conseils de notre formatrice, aux techniques mises en œuvre et  à la pratique au quotidien et lors des stages en entreprise, j’ai obtenu mon diplôme en 2011. 

Depuis je travaille dans l’association d’aide à domicile où j’ai effectué un de mes stages. D’abord embauché en CDD, j’ai signé un contrat  en CDI en 2013.

En 2016 j’ai décidé de poursuivre mon parcours professionnel pour obtenir le diplôme d’Auxiliaire de vie sociale (DEAVS) en passant  une validation des acquis de l’expérience (VAE). Grâce à l’obtention de mon titre professionnel  ADVF, il me manquait que  quelques modules pour concrétiser ce projet.

Aujourd’hui, je suis titulaire du  DEAVS  et  pour moi c’est une grande réussite et une fierté.

Je me suis prouvé à moi-même et aux autres que ce métier est fait aussi bien pour nous les hommes que pour les femmes. Il y a de la place pour les hommes dans ce métier, et nous sommes attendus dans les associations.

J’ai acquis de nombreuses compétences tout au long de mes différentes expériences professionnelles : sens des responsabilités, autonomie, relationnel, normes d’hygiène, techniques  d’entretien, etc… Elles me permettent aujourd’hui de me réaliser dans ce beau métier  dont  le but est d’apporter de l’aide aux personnes fragilisées.

Edited on 03/12/2019

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